Transformation digitale de l’assurance/CFO 4.0

Tendances 02.03.19

Transformation digitale de l’assurance/CFO 4.0

Pascale Ascione,
Vice President - Business Consulting
Pascale ASCIONE

Directrice du pôle Assurance chez Synvance

Pascale Ascione, Vice President - Business Consulting

Des questions sur ce sujet ?

Quels sont les 3 enjeux de l’Assurance en 2019 ?

  • Se préparer aux évolutions réglementaires IFRS17
  • Accélérer la transformation digitale
  • Repenser la politique de distribution pour conquérir de nouveaux marchés

Un exemple concret ?

L’Assurance est un marché très fragmenté, il y a beaucoup d’intermédiaires. Si les assureurs ne font rien, ils vont se faire uberiser par de nouveaux acteurs qui vont remplacer la relation physique (désintermédiation).
Même si le conseil ou l’intervention physique reste nécessaire dans les « moments de vérité » de la chaîne de l’Assurance, les comportements des consommateurs changent rapidement et l’expérience client qui est proposée doit être différenciante pour les attirer et les fidéliser. Pour eux, ce doit être désormais du Anytime – Anywhere – Any device et super smart !

Qui sont ces nouveaux acteurs ?

Des GAFA, des NATU [1], les insurTechs, les start-ups (Lemonade, MONUMA, Weproove, Alan…) : plates-formes digitales et écosystèmes qui viennent bousculer le marché traditionnel de l’assurance.
Elles ont toutes en commun d’intégrer un mix de nouvelles technologies (plate-forme digitale mobile, cloud, big data, intelligence artificielle, blockchain, Iot, e-money, mode de fonctionnement collaboratif, avis des internautes…etc.) pour proposer des services innovants et personnalisés pour un prix adapté à l’usage. La fin de l’ère du produit vers une révolution des usages. Le risque est désormais estimable de façon plus fine et le déclenchement des indemnisations quasi instantané suite à la survenance de l’évènement. C’est ce qu’on appelle l’assurance paramétrique.

La réponse des assureurs traditionnels ?

Les assureurs traditionnels fonctionnent sur la base d’un héritage très lourd : systèmes « maison » archaïque on premise, processus lourds, organisations en silos, équipes historiques et une faible orientation client final. Tous les assureurs sont en train de faire évoluer leur organisation pour intégrer ces nouveaux modèles économiques : création de Lab innovation ou Fab’lab, incubateurs ou accélérateurs de start-up, hackatonss.
Certains ont également racheté des start-up ou développé des fonds internes de capital investissement. Allianz a fait l’acquisition par exemple de Lemonade. Axa a lancé Fizzy (l’assurance instantanée dès retard ou annulation d’un vol) et a développé des solutions sur les grands risques de catastrophe naturelle (P&C) avec Maptycs en partenariat avec d’autres entreprises (ex Suez).

Un chiffre clé ?

12% : « Selon le 8e Observatoire « Les Français, l’assurance et la banque » OpinionWay-L’Argus, seulement 12% des français estiment que les assureurs leur inspirent de la sympathie. A l’heure du règne de l’expérience client, il serait déraisonnable de penser que ces impressions ne sont que purs fantasmes et ne s’appuient pas sur de véritables expériences négatives. Pire, avec l’avènement des GAFA1, NATU et des InsurTech, il serait dangereux de penser que notre secteur et en premier lieu les distributeurs d’assurance seront longtemps épargnés par une uberisation. »

Les 3 erreurs pour rater sa transformation ?

Certes le mot transformation a toujours fait peur, notamment dans l’Assurance, plutôt « risk adverse ».
En fait, il y a toujours eu des changements et ce qui change aujourd’hui c’est leur rapidité exponentielle donc les 3 erreurs seraient :

  • Penser qu’on a le temps. Il est urgent de changer !
  • Penser que les équipes internes sont capables d’absorber ces changements toutes seules, sans accompagnement et acculturation au digital
  • Considérer que l’innovation coûte cher alors que c’est un levier de croissance extraordinaire !

Un exemple de transformation digitale réussie ?

Il est trop tôt pour le dire !  De grands assureurs comme Axa ou Allianz n’ont modernisé qu’une partie de leurs systèmes, et les produits d’assurance sont souvent des contrats longs notamment sur l’Assurance Vie.

La blockchain pourquoi faire ?

Il y a beaucoup de cas d’usages disruptifs en cours d’expérimentation sur toutes les relations nécessitant un tiers de confiance. La blockchain peut révolutionner toute la chaîne de valeur de l’assurance : de la souscription (Smart contracts) à l’indemnisation (assurance paramétrique). La blockchain, c’est vraiment l’avenir.

Pourquoi Synvance ?

Les valeurs de notre équipe s’ancrent autour de l’Agilité, un esprit entrepreneurial, également capacité à tester, intelligence collective, créativité… Nous sommes des couteaux suisses et n’avons pas peur de le dire, des moutons à cinq pattes, manipulant les aspects métiers, technologiques tout en intégrant les nouvelles technologies. Nous avons un sens de l’engagement important et de la qualité de services client.
Nous venons tous, pour la plupart des équipes expérimentées de grands cabinets renommés de conseil. Synvance, cela veut dire Synergie Advance. Cette nouvelle marque nous ressemble.

Des références clients abouties ?

Synvance a beaucoup de références dans le domaine de l’Assurance, notamment dans le domaine de la transformation finance liée à IFRS17. Dans ce domaine, nous intervenons pour un grand réassureur pour définir le nouveau modèle analytique des coûts et de la nouvelle vision par segment après fusion de holdings. Nos équipes portent également des expériences significatives de refonte complète de l’architecture finance et des processus associés sur des projets de place.

Une anecdote pro marquante ?

Le monde est petit et hyperconnecté, et il y a par moments des hasards de rencontres extraordinaires ou de contacts humain empathiques. Je négociais la souscription d’une police RC dirigeant pour mon fils auprès d’un agent général d’un grand groupe d’assurance. Celui-ci avait travaillé en direct avec des personnes avec qui je suis proche dans ce groupe. Autant vous dire que mon fils a souscrit cette police RC même si elle était un peu plus chère que celle d’un concurrent !